Je ne représente pas le corps ; je travaille les états fragiles de sa métamorphose.
Anamnèses anachroniques est née d’une réflexion autour de ce que le vivant continue de porter lorsqu’il traverse la maladie, l’épuisement, le deuil ou certaines formes silencieuses de vulnérabilité. Ces expériences déplacent notre manière d’habiter le corps, le geste et le lien au monde. Quelque chose vacille. Certaines parts de soi persistent encore tandis que d’autres commencent déjà à se transformer.
Les photographies ne cherchent pas à illustrer directement ces états, mais à en faire émerger les sensations diffuses : fatigue du geste, tensions du mouvement, formes fragiles d’adaptation lorsque le corps ne parvient plus tout à fait à coïncider avec lui-même.
Les mains deviennent alors des lieux de mémoire, de crispation ou de soutien. Elles se dédoublent, vacillent, se prolongent dans l’espace comme des rémanence du corps : fragments de gestes, persistances émotionnelles, traces sensibles de ce qui continue d’exister malgré les transformations.
Le terme anamnèse renvoie ici à une mémoire organique fragmentaire, celle des sensations et des gestes qui persistent malgré le temps, l’usure ou la métamorphose du vivant. Anachroniques, ces formes le deviennent parce qu’elles semblent appartenir simultanément à plusieurs états du corps : celui qu’il était, celui qu’il devient et celui qu’il tente encore de retenir.
S'initier au toucher
Frôler l'amnésie
L'inadhérence
Anamnèse résiduelle
Mécanique dysharmonieuse
Spasme décapoté
Impulsion véhémente dissolue
Proue essor
Contention cataclysmique
Texte poétique 2
Hors de la chair
Chrysalide léthargique
Déperdition chimérique
Rémanence quasar
Texte poétique 3
Texte poétique 3(suite)
Le vacarme des silences
Souffle neurasthénique
Inéluctable cession
Texte poétique 4
L'intime asile
Frêle immunisation
Les stigmates du silence
Texte poétique 5